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Le pays de rêve se transforme en cauchemar

Certains économistes avancent que si les Salvadoriens ainsi que les Honduriens et les Haïtiens qui bénéficient du TPS, disparaissaient de la main-d’œuvre américaine, les États-Unis perdraient 164 milliards de dollars de Produit intérieur brut (PIB) au cours de la prochaine décennie et 6,9 milliards de dollars, au titre de contributions à la retraite et à la couverture médicale universelle «Medicare». Malgré tout, l’administration Trump a frappé, les Haïtiens en particulier. Elle a décidé que les fermiers et autres travailleurs haïtiens ne sont plus éligibles à l’obtention du visa « travailleur invité », à travers le programme fédéral H-2A et H-2B, a rapporté le Miami Herald, le mercredi 17 janvier 2018. Le Département de la Sécurité Intérieure des États-Unis a cité le « taux extrêmement élevé de refus », « le niveau élevé de fraude et d’abus », « le niveau élevé de séjours prolongés au-delà du temps fixé dans le cadre de l’admission H-2 », pour expliquer la présence d’Haïti sur la liste des pays exclus pour 2018 qui « ne sont plus dans l’intérêt des États-Unis ».

Les Haïtiens n’auront désormais plus droit aux visas accordés aux travailleurs peu qualifiés, a annoncé l’administration Trump. L’initiative lancée sous Obama visait à embaucher des Haïtiens aux États-Unis après le séisme catastrophique en 2010. La nouvelle vient d’être rapportée par Reuters. Concrètement, l’administration Trump supprime Haïti de la liste des 80 pays dont les citoyens peuvent obtenir des visas H-2A et H-2B, les permettant de travailler de façon saisonnière dans l’agriculture et autres industries aux États-Unis. Belize et Samoa sont aussi concernés par la décision. Le département de la Sécurité intérieure (DHS) fait cette annonce moins d’une semaine après que le président Donald Trump ait déclaré qu’Haïti, El Salvador et les pays africains seraient des « trous de merde ».

Dans le document publié par l’administration, le DHS justifie sa décision par le fait que les Haïtiens demandant ces visas « présentent des taux de refus extrêmement élevés » et que ceux ayant obtenu les visas H-2A et H-2B « ont démontré des niveaux élevés de fraudes et d’abus, en séjournant [aux États-Unis] au-delà de la période accordée pour le visa H-2. » Interrogé par NBC, Michael Clemens, un chercheur au Centre pour le développement mondial, explique que cette mesure élimine le seul visa de travail américain que presque tout le monde peut demander en Haïti. Selon Reuters, seulement quelques dizaines d’Haïtiens sont entrés aux États-Unis avec les types de visas concernés, chaque année depuis qu’ils en ont reçu la permission sous l’administration Obama en 2012.

En décembre dernier, le New York Times a rapporté que le président Donald Trump, lors d’une réunion, a dit que tous les 15 000 Haïtiens, entrés aux États-Unis en 2017 grâce à un visa « ont tous le sida ». Et la semaine dernière, le journal Washington Post a rapporté que le président Donald Trump, lors d’une réunion avec des parlementaires républicains et démocrates sur l’immigration, a demandé pourquoi des ressortissants de pays de merde comme Haïti, des nations africaines et le Salvador voulaient venir aux États-Unis. Trump et la Maison-Blanche nient avoir fait ces remarques. Les Haïtiens, comme leurs supporteurs, ont condamné ces déclarations du président américain. L’ambassadeur d’Haïti à Washington, Paul Altidor, a invité Donald Trump à aller avec lui à Boston, New York et en Floride « où il y a une grande concentration d’Haïtiens et de venir découvrir, venir rencontrer ces immigrants haïtiens qui apportent leur contribution à leurs communautés ».

Emmanuel Saintus

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