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La mort d’un prête politisé

L’Église catholique condamne

Les funérailles du Père Joseph Simoly, assassiné à Port-au-Prince le 21 dé cembre 2017, à 54 ans, ont été perturbées, le samedi 30 décembre. Des individus rassemblés aux alentours de la cathédrale où le Cardinal Chibly Langlois dirigeait la cérémonie, ont dénoncé la mort du révérend, attaqué devant son domicile, à Frères. Dans leur intrusion, ils ont aussi proféré des propos violents, des menaces à l’encontre du Cardinal et du Sénateur Youri Latortue, lui aussi présent dans l’assemblée. Sans l’intervention d’agents du Corps d’Intervention et de Maintien d’Ordre (CIMO) dépêchés pour assurer la sécurité à l’intérieur et aux abords de la cathédrale, les choses auraient pu tourner au vinaigre. Choqués et blessés par ce numéro, les Evêques catholiques d’Haïti, dans une note, ont condamné l’acte posé contre la personne du Cardinal Langlois par ces « agitateurs, à l’évidence manipulés ».

Des gens, n’ayant aucun lien avec les familles spirituelles et biologiques de ce dernier, ont tenté d’instrumentaliser cette cérémonie, en faisant du tapage à l’intérieur de l’église, au moment de la célébration des funérailles de Joseph Simoly, à la cathédrale de Port-au- Prince, rapporte-t-elle. Ces perturbateurs ont lancé des propos violents qui ont gagné en escalade pour se transformer en menaces contre la personne du cardinal Langlois, critique-t-elle. La CEH exprime tout son support et sa solidarité au Cardinal Langlois et exige, des plus hautes autorités de l’État, l’adoption de mesures adéquates pour le protéger. Cette manoeuvre infâme, aux yeux de la CEH, constitue une tentative de manipulation de l’opinion en faveur des auteurs de l’assassinat crapuleux du prêtre. « Ce qui s’est passé dans l’enceinte de la cathédrale transitoire est aussi une violation du droit du défunt d’obtenir des funérailles dignes et du devoir de l’assistance d’honorer la mémoire du prêtre Joseph Simoly », note-t-elle.

Ce dernier « fut un prêtre qui avait un profond respect pour son prochain ». Il « ne méritait point un tel affront », s’insurge la Conférence épiscopale d’Haïti. La CEH renouvelle ses sympathies à la famille de Joseph Simoly, qui est profondément affectée, dit-elle, par ces troubles qui visaient à l’assassiner une seconde fois. À l’issue de la cérémonie des obsèques du prêtre Joseph Simoly, Moïse Jean-Charles a réagi au micro de Jean Chrisnol Prophète, journaliste de Radio Vision 2000. « Lorsqu’on s’apprêtait à dénoncer la dilapidation des fonds du programme PetroCaribe, certains membres de l’Église catholique cautionnaient le pouvoir de l’époque.

Donc, cette situation n’est autre que la résultante de la corruption », insinue-t-il. Plus tard, le leader de Pitit Dessalines affirmera en clair, sous l’insistance du journaliste, que l’Église catholique est bel et bien complice de la mort du Prêtre Joseph Simoly parce qu’elle « a cautionné les dérives de l’ancien pouvoir corrompu ». Le leader botte en touche l’appel à la réconciliation du célébrant principal, le Cardinal Chibly Langlois. « Pas de réconciliation avec ces criminels ! Nous réclamons justice à tout prix », sermonne Moïse Jean-Charles, assurant la population d’une nette amélioration de son état de santé depuis quelque temps.

Emmanuel Saintus

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