accueilActualité

Blocus dans les stations d’essence

Les usagers d’automobiles et de taximotos sont confrontés à une vive tension depuis le début du mois de janvier 2018, en Haïti. Ce vent de panique est lié à une certaine pénurie de gazoline, observée dans plusieurs stations d’essences de plusieurs villes du pays et au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, principalement. Plusieurs pompistes travaillant dans des stations situées, notamment à la rue Cameau, à Lalue et à proximité de la rue Oswald Durant, ont confirmé cette rareté, le vendredi 5 janvier 2018. Dans la plupart des stations d’essences de la capitale, des conducteurs s’entassaient et se battaient pour s’approvisionner en gazoline. D’autres stations, dont celle située à Lalue, à proximité de l’Olympique Market, avaient fermé leurs pompes tout simplement et ne fonctionnaient pas. Des conducteurs interviewés sont allés jusqu’à parler de « crise de gazoline ».

Toutefois, le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, a tenté de rassurer la population, en déclarant mercredi au Nouvelliste, qu’« il y a largement de carburant pour tenir jusqu’à samedi », ajoutant qu’un tanker avec une nouvelle cargaison devait arriver jeudi pour être disponible vendredi. Le ministre Salomon a invité les consommateurs à ne pas céder à la panique. D’un avis contraire, David Turnier, le président de l’Association Nationale des Distributeurs des Produits Pétroliers (ANADIPP), a, pour sa part, confirmé au journal qu’il y a effectivement rareté. Un syndicaliste a même signalé une augmentation du prix de la gazoline au Cap- Haïtien. Il aurait passé de 224 gourdes à 400 gourdes dans l’informel. Le prix du trajet aussi en aurait subi les conséquences. Cette rareté de gazoline est due à un retard dans la livraison, selon le président de l’ANADIPP qui dit, néanmoins, apprendre l’arrivée de la prochaine cargaison ce vendredi.

Sans vouloir prononcer clairement le mot « augmentation », le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, participant à l’émission du Group Croissance, « Grands rendez-vous économiques », diffusée récemment sur Radio Télé Métropole, a envisagé un nouvel ajustement des prix des produits pétroliers à la pompe dans le pays. « Je ne dirai pas augmentation des prix. Mais, normalement, on aurait dû être déjà revenu à la stabilisation régulière, naturelle et normale des prix, en fonction de l’évolution des coûts sur le marché mondial », a indiqué le titulaire du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), soulignant que c’est ce qui est prévu dans la loi. Compte tenu de la situation précaire dans laquelle vit la population, le ministre Jude Alix Patrick Salomon a fait comprendre, qu’avant de mettre en oeuvre cette mesure, le gouvernement veut être circonspect. Sur ce point, il a déclaré : « On va être obligé, à terme, d’ajuster les prix pendant qu’on va accompagner les personnes les plus vulnérables », soulignant que ce sera la décision la plus sage. Lorsque la question du pétrole a été abordée à l’émission, le titulaire du MEF a informé que les finances publiques accusent des pertes.

Notons qu’après de longues discussions et tergiversations avec des associations syndicales du transport en commun, le gouvernement avait augmenté l’an dernier les prix des produits pétroliers à la pompe. Le prix de la gazoline était alors passé de 189 à 224 gourdes le gallon, celui du diesel de 149 à 179 gourdes et celui du kérosène de 148 à 173 gourdes. Il s’agissait d’une hausse de 18,5 % sur l’essence, 20% sur le diesel et 17% sur le kérosène. Suivant le protocole d’accord signé par les deux parties, le gouvernement pouvait ajuster les prix à chaque nouvel arrivage d’une cargaison. Mais, cette mesure n’a pas été appliquée aux derniers arrivages.
Altidor Jean Hervé

Related Articles

Close
%d bloggers like this: