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Les premières polémiques du carnaval entre l’exécutif et la mairie

Selon l’arrêté présidentiel, le carnaval national aura lieu les dimanche 11, lundi 12 et mardi 13 février 2018, sans préciser dans quelle ville. Le comité chargé d’organiser le carnaval national, créé par cet arrêté, est constitué de 12 personnalités dont certaines ont été membres du comité 2017. 1. Claudel Dumas, président ; 2. Jean Michel Lapin, vice-président et responsable des finances ; 3. Andy Durosier, secrétaire général ; 4. Nancy Carraha, représentant de la présidence ; 5. Fred Lizaire, responsable de l’animation musicale ; 6. Albert Chancy, co-responsable de l’animation musicale ; 7. Emmelie Prophète, responsable de la communication ; 8. Maëlle David, responsable artistique ; 9. Yves Penel, co-responsable artistique ; 10. Érol Josué, 2e co-responsable artistique ; 11. Dithny Joan Raton, membre ; 12. Alexandra Oriol, membre.

Un possible bras de fer s’annonce entre la Mairie de Port-au-Prince et l’Exécutif, en ce qui concerne l’organisation du Carnaval 2018 en Haïti. La Mairie de Port-au-Prince se dit stupéfaite de la formation, par arrêté présidentiel, d’un comité pour l’organisation du carnaval national 2018, dont elle est totalement exclue. Elle déplore le fait que le maire de Port-au-Prince, Youri Chévry, ait été nommé « membre d’honneur » dudit comité, sans avoir été consulté préalablement. L’organisation du carnaval reste et demeure une prérogative municipale, rappelle-t-elle. Le fait par l’Exécutif de créer un comité en excluant la Mairie des démarches constitue une tentative pour « priver la commune de ses prérogatives légitimes dans l’organisation du carnaval », estime-t-elle.

Cet acte « ne fait qu’affaiblir, une fois de plus, les institutions républicaines », dit-elle. La Mairie de Port-au-Prince annonce qu’elle va continuer les planifications du Carnaval 2018, entamées depuis plus d’un mois. Néanmoins, elle dit rester ouverte à toute collaboration franche et sans diktat. Le 11 novembre dernier, la Mairie de Port-au-Prince a organisé une rencontre de travail avec diverses personnalités du secteur artistique et culturel, qui se sont mises d’accord sur le thème du carnaval 2018 : « Ayiti jan l dwe ye » (Haïti, telle qu’elle doit être). Les ministères de la Culture et du Tourisme auraient boudé son invitation à participer à ces séances de travail sur l’organisation de l’évènement, déplore la note de la Mairie. Le leader de KID, proche de Jovenel Moïse, estime qu’« elle n’a pas les moyens de sa politique ». « C’est le pouvoir central qui détient le plus grand budget. La mairie ne peut pas organiser le carnaval,seule, sans l’accompagnement de l’Exécutif.

L’autonomie municipale n’est que théorique », explique-t-il. M. Paul parle d’expérience. Ayant été à la tête de la mairie de la capitale par le passé, il a dû également faire face à de grandes difficultés pour réaliser et organiser les défilés durant trois jours gras. Un épisode qu’il résume brièvement ainsi. « À l’époque, en 1991, le gouvernement venait à peine de prendre fonction. L’État central avait débloqué un montant de 4 millions de gourdes, le vendredi précédant les festivités. Il fallait négocier avec la banque centrale, afin de pouvoir changer le chèque. Il y avait beaucoup de retard dans la planification, et les difficultés s’étaient multipliées ». L’ancien premier ministre Evans Paul revient dans l’actualité comme une sorte de médiateur entre la mairie de Port-au-Prince et l’administration Moïse-Lafontant, appelant les autorités à ne pas se lancer dans la rivalité autour de l’organisation du carnaval national.

Altidor Jean Hervé

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