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Manno Charlemagne

Plus qu’un souvenir et des adieux

Des funérailles nationales ou officielles sont prévues le 22 décembre prochain, au Champ-de-Mars, en l’honneur du chanteur engagé, Manno Charlemagne, décédé à 69 ans, des suites d’un cancer du poumon. C’est le Directeur Général du ministère de la Culture, Jean Michel Lapin, qui en a fait l’annonce. Le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC) annonce que des démarches sont en cours, afin d’organiser des funérailles nationales ou officielles en honneur d’Emmanuel Charlemagne, dit Manno Charlemagne, décédé le 10 décembre 2017, en Floride (USA), des suites d’un cancer des poumons. Les funérailles de l’artiste seront chantées le vendredi 22 décembre au Champ-de-Mars, selon les précisions de Jean Michel Lapin qui affirme aussi qu’une soirée hommage lui sera dédiée au Kiosque Occide Jeanty, le mardi 19 décembre. Le corps sera acheminé ce samedi 16 décembre, selon ce qu’a informé le Directeur Général. En attendant tout cela, les hommages pleuvent en mémoire de l’ancien maire de la capitale. Plusieurs personnalités politiques ont rendu hommage au chanteur et homme politique, Emmanuel Charlemagne, décédé en Floride (Etats Unis).

– Le Chef de l’État, Jovenel Moïse, juge que « le départ pour l’Orient éternel du chanteur engagé Manno Charlemagne constitue une grande perte pour le pays et pour le secteur culturel, en particulier. Mes sympathies à la famille et aux proches de ce patriote qui aimait son pays avec passion. Haïti lui est reconnaissante ».

– Le Premier Ministre Jack Guy Lafontant a regretté « ce triste départ en présentant ses profondes sympathies à la famille du Chanteur populaire et à toute la corporation des Artistes musiciens d’Haïti ».

– Le Ministre de la Culture Limond Toussaint est attristé par le départ de l’artiste. « Une voix s’est éteinte ce matin du 10 décembre 2017 aux États-Unis. Celui qui nous chantait : « Finies les colonies », « Charlemagne Péralte », « Capitaine America » ou « Le mal du pays », est parti pour l’au-delà. Joseph Emmanuel Charlemagne, dit Manno Charlemagne, dont la voix charriait toute la révolte des jeunes et des moins jeunes des années 70-80 […], poète, troubadour, goguenard : notre Manno aimait la vie dans laquelle il a mordu à belles dents. Cette figure iconique de la musique engagée en Haïti a marqué toute une époque. M. Toussaint se dit consterné par cette disparition. « Le Ministère de la Culture s’incline devant la dépouille du chantre de la justice sociale, de la liberté et présente ses sympathies à sa famille, à ses milliers d’admirateurs et au monde de la musique haïtienne. Puisse son verbe fort continuer à réveiller la conscience nationale ».

– Le Maire de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, fait remarquer que Manno Charlemagne, chanteur populaire, a « marqué son passage à la tête de la Mairie de Port-au- Prince, de par son dynamisme, sa vision et son engagement pour une ville qu’il portait dans son coeur. »

– L’ex-Président Michel Martelly se remémore une carrière musicale de 40 ans. Évoquant sa bonne collaboration avec M. Charlemagne, il souligne que ses oeuvres contribueront à garder sa mémoire vivante.« Nous ne t’oublierons jamais », insiste-t-il. Il l’a dit lui-même sur son compte Facebook. « 40 lane deja depi ke nap viv ansanm nan mizik et nan lanmou youn pou lòt. Jodia ou ale, men bèl zèv ou kite yo ap kenbe ou vivan nan kè tout moun!! Manno, mwen pap janm bliye w », a-t-il posté le dimanche 10 décembre.

– L’ex-Premier Ministre Evans Paul « salue le départ d’un camarade, compagnon de scène. Au début des années 80, avec la troupe KPK que j’animais et qui produisait des spectacles engagés, nous avions lutté pour la liberté d’expression et de créations artistiques. »

– Dany Laferrière entendait son nom, sans connaître sa musique, durant toute l’année 78. Dans un hommage taillé d’une main de maître, l’académicien voit en Manno « un homme de saison. On avait l’impression qu’il vivait au rythme saccadé de son pays. Quand ce pays n’arrivait plus à respirer, il gueulait à sa place », souligne l’auteur du roman « Le cri des oiseaux fous ».

– La mort du chanteur laisse Beethova Obas sans voix. Il est effondré et soutient qu’en moins d’un mois, il a perdu deux mentors. Le premier s’appelle Boulo Valcourt. « J’ai très mal ». Et puisqu’une chanson est définie comme étant l’union d’un texte et d’une mélodie, le passage à l’école de Manno Charlemagne (tenant compte de l’histoire tragique de ma famille) était un passage obligé, déclare Beethova.

– « Les chansons de Manno Charlemagne sont éternelles », souffle Yole Dérose, autre poids lourd de la musique haïtienne.

Emmanuel Saintus

 

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