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Les féministes se défendent face aux sexistes

Il est venu enfin le moment où la société haïtienne commence à se rendre compte qu’une femme en petite tenue, exposant sont corps au plus offrant, n’a rien d’attirant, au contraire. Ces images sexistes, qui dévalorisent plus les femmes qu’ils ne font vendre les produits en question, finissent enfin par taper dans l’oeil des féministes qui crient gare à ces agissements déshumanisants qui vendent les filles et les femmes comme des objets sexuels, en lieu et place d’une vraie publicité pouvant attirer réellement la clientèle. Des organisations de défense et de promotion des droits des femmes dénoncent des images et des messages sexistes et déshumanisants, utilisés dans certaines chansons et dans la publicité en Haïti, dans un communiqué conjoint, en date du 12 décembre 2017. « Misogynes, intellectuellement et esthétiquement pauvres, ces oeuvres ne font pas honneur au patrimoine culturel haïtien, » condamnent-elles. Elles invitent les autorités à remplir leur rôle dans le combat contre ces pratiques qui, par leur charge symbolique, renforcent et entretiennent, disent-elles, les discriminations et les violences quotidiennes contre les femmes. Les organisations protestataires se disent « profondément touchées » par l’intensification et « l’exploitation » systématiques dans le secteur culturel et artistique, notamment à travers certaines chansons et des publicités, des messages qui « dégradent et qui dévalorisent des femmes ».

Elles appellent les autorités compétentes à combattre « avec force et volontarisme » ces écarts et mauvais agissements. Pour le respect de la dignité humaine, «il est de leur devoir de promouvoir un cadre social, propice à la liberté d’expression et à la création artistique de qualité, c’est-à-dire porteuse de rêves d’espoirs et respectueuse de la dignité humaine », soutiennent-elles. Parallèlement, elles encouragent les opératrices et les opérateurs culturels à promouvoir, à travers leurs créations, des valeurs de respect de la vie, de la liberté et de la dignité humaine, et à « combattre les messages dégradants et dévalorisants des femmes sous toutes ses formes ».

Une note du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), rendue publique le 11 décembre 2017, vient de condamner l’affichage par une compagnie haïtienne, de panneaux publicitaires montrant une jeune femme en petite tenue, assise, les cuisses entrouvertesoe Le corps et l’image de la femme ont été utilisés de manière « dévalorisante », dénonce le MCFDF. Tout en applaudissant la prise de position publique du MCFDF, les organisations protestataires sollicitent de sa part « des actions plus concrètes, systématiques et structurantes pour faire face au phénomène. « Par le passé, le MCFDF a conduit des campagnes de sensibilisation à grande échelle, visant à promouvoir une image positive et diversifiée des femmes dans les productions culturelles, lesquelles ont [eu, Ndlr] un impact social positif », soulignentelles, tout en encourageant la pérennisation, voire l’intensification de telles initiatives. Les organisations signataires du communiqué conjoint sont : la Fondation Toya, Fanm yo la, Nègès Mawon, Initiative des Jeunes Leaders d’Haïti (IJLHA), Young Women’s Christian Association-Haïti (YWCA), l’Association Culturelle Bote Kreyòl Ayiti.

Tout ce que souhaitent ces organisations et le ministère de la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, c’est un peu plus de respect et de valorisation à l’égard des femmes car il n’est pas faux de dire que ce genre de publicité peut aussi faire accroitre les violences sexuelles à l’encontre des femmes, et la société n’en demande pas plus aux artistes, aux réalisateurs, et à tous ceux qui, dans les vidéos ou pubs, préfèrent montrer une demoiselle en petite tenue ou quasi nue, en lieu place de ce qu’il vend réellement.

Altidor Jean Hervé

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