L’effet de la négligence du secteur sanitaire haïtien

34e sur 34, Haïti figure en dernière position sur la liste des pays de l’Amérique qui dépensent le moins en santé, a révélé le rapport quinquennal (2013-2017) de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), intitulé « Santé dans les Amériques 2017 ». Selon ce rapport publié le 26 septembre dernier, Haïti a investi moins de 2% de son produit intérieur brut (PIB) en soins de santé au cours des cinq dernières années, alors que le minimum recommandé est de 6%. De tous les pays de la région, Cuba occupe la première place accordant 10% de son PIB, suivi des États-Unis qui en octroie 8%. Le constat est accablant : seuls cinq pays de la région des Amériques investissent 6% de leur Produit intérieur brut (PIB) en santé, comme le recommande l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais c’est la place occupée par Haïti qui retient l’attention : le dernier parmi les 34 pays. Le rapport montre en effet qu’au cours de ces cinq (5) dernières années, le pays a investi moins de 2% de son PIB en santé. Or, 6% du PIB est ce que les experts estiment être le minimum ». Avec un investissement entre 2 et 4% du PIB, se trouvent le Guatemala, l'Argentine, la République dominicaine, le Mexique, le Pérou, le Brésil et le Chili. Alors que le Honduras, le Salvador, le Paraguay, l'Équateur, la Bolivie, le Nicaragua et la Colombie investissent entre 4 et 6%. Selon les données de 2014, Cuba, où l’espérance de vie est de 77 ans, est de loin le pays de la région qui investit le plus, avec un taux de plus de 10% du PIB, suivi par les États-Unis, avec un peu plus de 8%. L'Uruguay atteint l'objectif de 6%, suivi de près par le Panama, qui n’obtient pas la moyenne. Même si la République Dominicaine occupe la 28e position des 34 pays des Amériques dans les dépenses publiques en santé, l'étude fait une remarque positive à propos du système de santé de ce pays : « la couverture d'assurance maladie dans le pays a considérablement augmenté au cours des cinq dernières années, passant de 43% en 2011 à 65% en 2015, bien qu'il existe encore un écart important pour une partie importante de la population », lit-on dans Listin Diario. Si la situation est préoccupante, le Dr Josette Bijou, ancienne ministre de la Santé, fait comprendre que la part « insignifiante » du budget accordée à la santé ne permet pas de mener d’autres actions que de payer les employés du ministère. « En raison des mauvais choix de nos autorités, des mauvaises décisions prises, plusieurs maladies évitables par la vaccination, dont l'éradication a été certifiée officiellement par l’Organisation panaméricaine de la santé « OPS » et / ou l’Organisation mondiale de la santé « OMS », refont surface à travers le pays », à en croire le Dr Josette Bijou qui documente plusieurs cas rencontrés. La poliomyélite est cette maladie très contagieuse qui envahit le système nerveux et qui peut entraîner, en quelques heures, des paralysies irréversibles. La tuberculose est une infection bactérienne provoquée par le bacille de Koch. Une fois dans l’organisme, le germe atteint les poumons dans 85 % des cas, entraînant une toux et des problèmes respiratoires. La méningite tuberculeuse est une infection des membranes recouvrant le cerveau et la moelle épinière, tandis que la diphtérie est une maladie causée par plusieurs espèces de corynebactéries du complexe diphtheriae. Il y a la diphtérie respiratoire qui induit une paralysie du système nerveux central ou du diaphragme et de la gorge, entraînant la mort par asphyxie et la diphtérie cutanée. « Pour la poliomyélite, comme pour toutes les maladies contrôlables par la vaccination, la raison principale de la réémergence est la baisse de la couverture vaccinale due à plusieurs causes, dont le dysfonctionnement des institutions sanitaires publiques, faute de ressources humaines et financières, et le laisser-aller dans l’administration publique », a fait savoir le Dr Josette Bijou qui compte actuellement 50 années de carrière, cinq en organisation et développement communautaire et 44 années en gestion administrative. Avec seulement 4,3% de son budget alloué à la santé, Haïti est loin des recommandations de l’OPS/OMS qui suggère que 15% des dépenses en santé doit provenir du budget national dans les pays à faible revenu.
Publier le : 08/10/2017   Auteur :

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Ajouter un commentare
Pseudo *
Commentaire *
   
 
>>>>>