Un peu de tout sur la république voisine et sur nos relations avec ce pays

En Conseil des ministres, le pouvoir exécutif dominicain a approuvé le budget général de ce pays pour 2018, et qui s'élèvera à 814 821 milliards de pesos, l’équivalent de 17 milliards de dollars américains environ, suivant une annonce faite lundi après-midi au Palais national. C’est environ 8 fois plus le budget de la République d’Haïti pour l’exercice 2017-2018 qui s’élève à 144 milliards de gourdes, environ 2 milliards de dollars américains. Donald Guerrero, ministre des Finances, a déclaré, lors d'une conférence de presse, que le budget se concentrerait sur deux principaux piliers : stimuler l'économie et soutenir les secteurs sociaux. Les dépenses publiques seront de l’ordre de 684 milliards de pesos. Le projet, qui devrait maintenant être présenté au Congrès national, représente une augmentation de 74 milliards de pesos par rapport à l'année en cours. Les secteurs qui seront priorisés dans le budget sont la santé et l'éducation, avec la construction de nouvelles écoles, le reboisement dans les bassins versants. Pour sa part, Luis Reyes, directeur du Budget, a indiqué que 11 milliards de pesos seraient alloués à la rénovation physique des hôpitaux. Pour les équiper, une enveloppe de 1,4 milliard de dollars est prévue. Pour l'éducation, en 2018, le budget sera de 152,7 milliards de pesos dominicains, ce qui représente une augmentation de 9,7 milliards par rapport à cette année. À cause de la situation de tension qui prévaut en Haïti, caractérisée par des annonces de grève et de manifestations de rue contre la loi de finances, le ministre des Affaires étrangères dominicain, Miguel Vargas, qui devait visiter Haïti mardi a reporté sa visite à une date ultérieure. Au cours de cette visite reportée, les deux chanceliers allaient en profiter pour signer une déclaration conjointe sur l’amélioration des conditions de vie des deux peuples vivant sur les lignes frontalières. Il s’agit, a précisé Antonio Rodrigue, d’une initiative qui vise à développer les zones frontalières des deux côtés de l’île. L’officiel dominicain devait s’entretenir avec le chef l’État, Jovenel Moïse, et signer une déclaration conjointe sur le développement des zones frontalières. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une harmonisation des relations entre les deux pays, a fait savoir le ministre haïtien des Affaires étrangères, Antonio Rodrigue. Il a rappelé que lui aussi était allé rencontrer son homologue en République dominicaine. Des points comme le commerce, la migration, la reforestation, la construction d’infrastructures des deux côtés de la frontière ont été abordés et sont encore à l’ordre du jour. Le ministre Rodrigue a souligné au journal qu’il ne s’agissait pas d’un accord commercial entre les deux pays. Cependant, il a précisé qu’il y aurait aussi des échanges sur le commerce entre les deux États. Le chancelier a fait savoir que le dossier de l’interdiction des 23 produis dominicains par voie terrestre sur le territoire haïtien n’était pas à l’ordre du jour et que les mesures d’interdiction sont toujours en vigueur. C’est un document de 70 pages produit en 2010 qui récemment a fuité dans les médias, qui fait le débat parmi les économistes dominicains. Intitulé, « Essai sur une union économique et monétaire entre la République Dominicaine et Haïti », il est rédigé par l'économiste Emmanuel Pinto Moreira pour la Banque Mondiale. On y apprend qu’une éventuelle union monétaire et économique entre la République dominicaine et Haïti serait bénéfique à plusieurs égards. Cela permettrait : la réduction des coûts de transaction, car il ne serait pas nécessaire de changer les devises pour commercer ; une plus grande intégration financière ; une réduction de l'incertitude associée au taux de change dans ces échanges et de la prime de risque exprimée dans le taux d'intérêt intérieur, ce qui stimulerait l'investissement. « À ce stade, un certain nombre de conditions ne sont pas remplies pour que les deux pays bénéficient pleinement de l'union économique et monétaire. En même temps cependant, l'endogénéité de la plupart de ces critères (y compris le degré de synchronisation des cycles économiques) favorise un programme agressif à moyen terme pour l'intégration entre eux », peut-on encore lire dans le rapport. Une union économique entre deux pays suppose un marché à monnaie unique, administré par une seule autorité monétaire. L'adoption d'une monnaie commune est généralement considérée comme la phase finale d'un processus graduel d'intégration économique, explique ce rapport qui promet d’alimenter un débat en Haïti. Par ailleurs, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) appelle l’État dominicain à « redresser la barre », à l’occasion du 4e anniversaire (23 septembre 2013 - 23 septembre 2017) de l’arrêt 168-13 pris par le Tribunal constitutionnel dominicain contre des milliers de Dominicaines et de Dominicains d’ascendance haïtienne, pour la plupart. Cet arrêt qui a rendu apatrides des milliers d’individus dont, en majorité, des Dominicains d’origine haïtienne, est qualifié de « génocidaire » par le journaliste dominicain Juan Bolivar Diaz, rapporte le GARR. La discrimination et l’apatridie sont en constante évolution sur le territoire voisin, condamne le GARR, soulignant combien il est de la responsabilité de l’État dominicain de « redresser la barre » à ce sujet, au regard des prescrits du Droit International. Plus de 6 000 victimes de cet arrêt vivent en ce moment dans des conditions difficiles en Haïti, indique un travail de monitoring réalisé par le GARR et des partenaires à la frontière dominicaine. Quatre ans plus tard, ces victimes ne jouissent toujours pas pleinement de leurs droits, déplore le GARR qui appelle les secteurs étatiques et les sociétés civiles, à des actions reflétant le respect et l’acceptation de l’autre sur l’Ile. Il estime que « la situation des personnes victimes de l’Arrêt TC 168-13 (…) ne peut être jetée aux oubliettes.»
Publier le : 08/10/2017   Auteur : Altidor Jean Hervé

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