Jovenel Moïse, entre campagne et revendications…

Les élèves sont dans les rues, les professeurs sont dans les rues, les étudiants sont dans les rues, les ouvriers des usines textiles sont dans les rues et les responsables des syndicats qui n’ont pas paraphé l’accord des quatre (4) syndicats avec le gouvernement conduisant à la montée des prix du carburant sont également sur le macadam. Le pays est sur le cours d’un chamboulement total, cent (100) jours après le bilan du chef de l’État, Jovenel Moise, qui se croit toujours en campagne électorale… En plus, la Fédération Nationale des Travailleurs de la Santé (FENATRAS) menace d’observer un arrêt de travail à partir du 12 juin, si l’ajustement salarial promis par les autorités n’est pas mis en application d’ici la fin du mois de mai. Ronald Sainger, le Directeur de la Communication du ministère de la Santé, confirme que la Commission présidentielle, chargée de négocier avec les syndicalistes, avait effectivement fait une promesse d’ajustement de salaire aux employés de la santé publique, promesse qui devait être effective depuis le mois d’avril, sans être en mesure de dire quand elle sera respectée. Le mercredi 24 mai, les étudiants de la faculté de médecine de l’Université royale d’Haïti ont investi l’enceinte de la direction sanitaire de l’Ouest. Depuis des jours, ces étudiants organisent des manifestations devant les locaux de la Direction sanitaire de l’Ouest pour exiger internat et service social. « On exige de nous un pré-internat, ce qu’on a fait, et les étudiants ont obtenu la moyenne requise. On nous a ensuite demandé de conclure une convention hospitalière, on l’a également faite. Après, le Dr Georges Dubuche, directeur général du MSPP d’alors, nous a évalués et nous a donné l’autorisation. Comme faculté de médecine reconnue et parce que nous remplissons toutes les conditions requises, le ministère nous doit ça », a expliqué Guyllard Joseph. Également, les étudiants de l’École nationale des Arts (ENARTS) ont bloqué la rue Mgr. Guilloux le mercredi 24 mai, pour protester contre le non-respect de l’accord tripartite, signé en 2016 par les ministères de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, celui de la Culture et de l'ENARTS. Ces manifestations, selon eux, visent l’intégration des diplômés de l'École comme enseignants pour les niveaux fondamental et secondaire en éducation esthétique et artistique. L’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (UNNOH), a dit maintenir la mobilisation des enseignantes et enseignants, malgré l’annonce par l’Exécutif, d’une sortie de crise. Josué Mérilien, coordonnateur général de l’UNNOH, a critiqué une « imposture » de l’Exécutif. Mérilien a qualifié de ruse, une rencontre réalisée le mardi 16 mai 2017 par le gouvernement avec les représentants de syndicats, comme la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs haïtiens (CNEH). Il indique qu’aucune invitation formelle n’a été adressée aux différents syndicats. « C’est seulement sur la page Facebook du bureau du Premier ministre, Jack Guy Lafontant, que ce dernier a fait publier une note qui faisait office d’invitation », dénonce Josué Mérilien. Il dénonce ce qu’il appelle une manœuvre pour étouffer les revendications des enseignants et accuse les syndicats ayant pris part à la réunion, de trahir la cause de l’éducation et du peuple. Cette réunion souhaitée par le Premier ministre avec les syndicats d’enseignants, notamment l’Union nationale des normaliens et éducateurs d’Haïti (UNNOEH) et la Fédération nationale des travailleurs en éducation et en culture (FENATEC), a été boudée par l’UNNOH. En outre, des travailleurs de l’OAVCT exigent le départ de l'ancien député Élie Blaise, à la tête de l'Office d'assurance véhicules contre-tiers (OAVCT). Ils reprochent à celui-ci de prendre des décisions conduisant cette institution à la ruine. Ce mouvement survient quelques mois après sa nomination à la tête de cette institution. Par ailleurs, ces mouvements de protestation dans divers secteurs à travers le pays inquiètent le Forum Économique. Entre autres, les ouvriers du secteur textile n’entendaient pas faire marche arrière dans leur mouvement de revendication, exigeant, entre autres, de meilleures conditions de travail et un salaire minimum de 800 gourdes. En effet, ces mouvements de protestation qui surgissent dans le pays ont inquiété le Forum Économique. Dans une note en date du 23 mai 2017, le Forum Économique du Secteur Privé dit constater avec inquiétude que les revendications salariales du secteur ouvrier ont dégénéré en manifestations violentes qui ont perturbé le travail des entreprises du secteur d'exportation textile, les obligeant ainsi à suspendre temporairement leurs activités, le samedi 20 et le lundi 22 mai 2017.
Publier le : 03/06/2017   Auteur : Emmanuel Saintus

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