La Presse : Célébration dans l’hypocrisie

Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la Liberté de la Presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991. Cette journée mondiale a été soulignée par le gouvernement, alors qu’une loi contre la diffamation, dite loi de Zenny (L’ex-sénateur du Sud-est, Edwin Zenny), prévoyant de lourdes sanctions a été votée au Sénat pour pressurer les journalistes et les travailleurs de la presse. En effet, diverses activités ont été organisées en Haïti pour marquer la Journée mondiale de la liberté de la presse, le mercredi 3 mai 2017. Cette Journée a été célébrée en Haïti autour du thème « Des esprits critiques pour des temps critiques : Le rôle des médias dans la promotion de sociétés pacifiques, justes et inclusives… ». Par ailleurs, au tableau d’honneur de la liberté de la presse, Haïti reste à la 53e place sur 180 pays, dans le classement mondial de l’organisation Reporters sans frontières (RSF), qui classe les pays selon que cette liberté d’expression est réelle, factice ou carrément absente. En marge de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2017, le président de la République, Jovenel Moïse, a dit réitérer son engagement à créer un climat stable et serein, susceptible de favoriser le bon fonctionnement du quatrième pouvoir qu'il appelle aussi à toujours faire preuve de professionnalisme et de probité dans l'exercice de sa noble mission. Gardant à l'esprit le dur combat mené par plusieurs générations de journalistes pour permettre l'émergence d'une presse libre et imprégnée des valeurs républicaines, le Président Jovenel Moïse promet d'œuvrer durant son quinquennat, au renforcement des acquis de la liberté d'expression sous toutes ses formes. « Une presse responsable et avertie constitue une garantie pour l'établissement de la démocratie », a renchéri le président Jovenel Moïse qui renouvelle son implication dans la lutte perpétuelle en faveur du respect du droit à la liberté d'expression. De son côté, le ministre de la Communication a rappelé que la liberté de la Presse, consacrée par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, en son article 19, a été acquise en Haïti au prix de multiples sacrifices. « Cette conquête démocratique doit se perpétuer par un renforcement de la Presse. La liberté d’expression est, en effet, un combat quotidien et permanent. Au ministère de la Culture et de la Communication, nous sommes conscients que la liberté de la presse tire son essence de la liberté d’opinion et d’expression. Et il convient de souligner que le bon fonctionnement de la presse peut jouer un rôle considérable dans la consolidation de notre jeune démocratie, tout en aidant à marcher vers le développement durable. La célébration de cette Journée mondiale de la Liberté de la Presse est l’occasion pour le Gouvernement Moïse/Lafontant de réaffirmer sa foi dans les valeurs démocratiques qui commencent par la liberté d’expression et le respect des libertés individuelles. Le Gouvernement Moïse/Lafontant souhaite continuer à harmoniser ses relations avec la Presse pour une cohabitation paisible et respectueuse, au profit de la population », a déclaré M. Limond Toussaint. Et de poursuivre que « le ministère de la Communication et de la Culture, au nom du Gouvernement, salue la mémoire de tous ceux et de toutes celles qui ont combattu pour nous conduire à ce grand acquis démocratique et profite de cette occasion pour saluer le travail des patrons de médias, des associations de journalistes, des travailleurs de la presse et de tous les acteurs concernés dans la lutte pour la Liberté de la Presse. ». Reporters sans frontières (RSF), qui rend compte de la réalité de la liberté de la presse dans 180 pays a relaté dans rapport 2017 que : « Malgré la récente évolution des lois relatives à la liberté de la presse, les journalistes haïtiens sont toujours victimes d’un cruel manque de ressources financières, de l’absence de soutien de la part des institutions et d’un accès difficile à l’information ». L’organisation mondiale de défense de la liberté de presse révèle également combien certains journalistes continuent de subir encore des intimidations et des agressions. « Le pays a beaucoup souffert du séisme de 2010 et du cyclone Matthew en 2016 qui ont considérablement endommagé les infrastructures existantes sur l’île. Les médias privés, très liés aux intérêts de leurs actionnaires, peinent à exprimer leurs points de vue sans autocensure », a conclu RSF.
Publier le : 13/05/2017   Auteur : Emmanuel Saintus

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