PetroCaribe, une aide qui fait plus de mal que de bien

Le ministre de l’Économie et des Finances, Yves Romain Bastien, dans une longue intervention, un jour avant l’installation du nouveau Président de la République, sur Radio Métropole, est revenu sur la situation héritée et a peint les conditions économiques et monétaires du pays. La dette contractée par Haïti au Venezuela à travers le programme PetroCaribe a permis à l’administration du Président Michel Martelly de laisser après son départ, 583 projets en phase d'implémentation dans le pays. Ces projets ont eu un coup d’arrêt avec la revalorisation à la baisse du coût du pétrole sur le marché international. Si PetroCaribe représentait la seule manne depuis plusieurs années pour les gouvernements, depuis plus d’un an, elle ne rapportait plus le même pactole. Depuis que le pétrole est revalorisé à la baisse sur le marché international, l’enveloppe tirée de cet accord conclu avec le Venezuela est aussi revalorisée à la baisse. Il faut désormais penser au service de la dette. «Aujourd’hui, ce qu’on paie au Venezuela est plus important que ce que l’on rentre dans le programme PetroCaribe», a fait savoir le ministre de l’Économie et des Finances. Il estime qu’Haïti est en train de récolter ce qu’elle a semé. «Nous, nous en payons le prix maintenant car pour le service de la dette, on doit dégager chaque mois, 8 millions de dollars américains», a-t-il souligné. De ces 583 projets, le ministre Bastien reproche qu’aucun d’eux n’était générateur de revenus pour l’État. «Il n’y a pas eu un seul projet qui ait des répercussions en termes de revenus pour Haïti», a-t-il regretté, rappelant que le pays doit plus de 2 milliards de dollars américains au Venezuela, dans le cadre du programme PetroCaribe. «L’argent du PetroCaribe n’a pas été sagement dépensé», a estimé le ministre de l’Économie et des Finances, insinuant que l’administration sortante a trouvé une économie à redresser. «Quand on est arrivé, on a trouvé un déficit budgétaire de l’ordre de 7,2 milliards de gourdes et la dégringolade de la monnaie locale, avec 64 gourdes pour 1 dollar», a rappelé le ministre, disant que la nouvelle administration devait rapidement prendre des dispositions pour enrayer la situation, dont la signature d’un programme de cash management avec la Banque de la République d’Haïti, pour éviter de se trouver dans une spirale de dépenses. «On a dû stopper tous les projets qui étaient l’expression du social», a expliqué le grand argentier de la République, précisant que l’administration du Président Privert n’avait pas les même marges de manœuvres que l’ancienne administration pour faire des projets. Avec tout le lot de misères du gouvernement de transition, le cyclone Matthew a donné le coup de grâce. «Les prévisions des recettes pour les mois d’octobre, de novembre et de décembre n’ont pas été atteintes», a-t-il rappelé, faisant savoir qu’après le cyclone, le gouvernement n’avait reçu que 200 000 dollars en cash de Taïwan. «On n’a rien eu de plus», a-t-il insisté, admettant que des pays dits amis ont apporté leur support après la catastrophe. Cependant, le ministre a expliqué que la situation de la nouvelle administration sera bien meilleure avec l’aide internationale. «J’ai signé avec la BID un accord pour un prêt de 20 millions de dollars afin de répondre à des besoins particuliers; nous avons un autre accord avec l’Union Européenne de 37 millions d’euros», a indiqué le ministre, soulignant que les bailleurs préfèrent attendre l’arrivée de la nouvelle administration pour débloquer ces fonds. Il a en outre souligné que le pays va avoir de la Banque mondiale pour une dizaine d’années, une enveloppe de près de 100 millions de dollars. «Si le prochain gouvernement respecte un ensemble d’accords qu’on a signés, on pourra avoir un appui budgétaire de l’ordre de 100 millions de dollars », a-t-il fait savoir.
Publier le : 17/02/2017   Auteur :

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